Le temps de la kermesse est terminé




Cinéma

Résumé:

Alex ne devait rester que quelques minutes à Koupala, le temps de prendre de l'essence. Mais en panne de voiture, son séjour va être bien plus long que prévu... Dans ce petit village perdu au milieu du désert africain où personne ne passe pour le secourir, Alex perd progressivement ses repères et ses certitudes de Blanc d'Afrique. Sans le savoir, il devient un enjeu vital pour le village et quand sa voiture redémarre enfin, il est face à un choix cruel : sauver sa peau ou celle de Koupala.

Sortie le 17 MARS

La Critique (par EVENE.FR)

Le premier grand rôle de Stéphane Guillon au cinéma est à l’image de ses fameux ‘Portraits au vitriol’ : corrosif, lucide et sans tabou. Dans ‘Le temps de la kermesse est terminé’, le comédien à la verve sans pareille interprète Alex, un Occidental désabusé, prisonnier du désert africain.

Une fois n’est pas coutume, dans la ligne de mire du trublion, point de personnalité médiatique. Mieux. Son personnage s’en prend à l’hypocrisie des rapports Nord/Sud et déboulonne avec virulence le manichéisme Blancs/Noirs, bourreaux/victimes, exploiteurs/exploités. Antihéros d’un conte moderne résolument d’actualité, Stéphane Guillon déploie une palette psychologique judicieusement nuancée, où son indéfectible humour côtoie violence, cynisme et lâcheté.

Autour de lui évolue une galerie de protagonistes tout aussi ambiguë, du militaire sadique à la future clandestine - étonnante Aïssa Maïga -, chacun, vecteur d’une vision du monde légitime et cruellement réelle. Alors qu’il tourne en rond dans sa cage à ciel ouvert, l’agitateur fait progressivement éclater les non-dits du colonialisme encore palpable, de la pauvreté criante et surtout de l’impuissante culpabilité occidentale.

Entre la nécessité de survivre et la tentation d’aider les autres, le repi égoïste et l’altruisme candide, la prison saharienne renvoie chacun - habitants, simples passants et mêmes spectateurs -, à sa propre conscience. Pour sa première fiction, le documentariste Frédéric Chignac choisit d’exprimer son engagement à travers un comédien frondeur et dérangeant, capable de porter sur ses épaules une parabole pertinente et réflexive sur l’Afrique.

Par Laurence Gramard


Article écrit par Administrator User


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