"S'évader par la pensée"




Michel François vous invite à l'évasion à l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne, jusqu'au 9 mai prochain.

expo michel françois

 

Des pissenlits comme barreaux de prison, un plan de cellule psychiatrique taillé au rasoir sur le sol, une inscription gravée dans le mur et ces trois mots : « Ne pas tomber ! ». « Tomber » pour trois mois, pour trois ans, un terme familier pour parler d'emprisonnement. Michel François investit l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne pour sa première exposition monographique en partenariat avec le MASK de Gand (Belgique) et propose au visiteur de s'évader. L'artiste belge est venu lui-même moduler l'espace et réaliser son œuvre sur place. La visite est un parcours. Pour ceux que l'art contemporain rendrait indifférents, Franck Balland, médiateur culturel à l'Institut, offre une solution efficace : « Les éléments de cette exposition sont facilement identifiables : des pissenlits, une cage dorée, des bouteilles de verre. Il suffit de faire parler les visiteurs et de leur faire partager leurs impressions ». Le titre de l'expo, « Plans d'évasion », donne une cohérence au travail de l'artiste. Au fil des salles, l'évasion prend plusieurs sens : un désert de cactus encadré de bouteilles de verre, des chaussures d'immigrés mexicains, une cage dorée. Prison de luxe, prison de l'esprit ? à l'intérieur une bougie brûle sur un journal ouvert aux pages de la bourse. L'artiste use de la métaphore avec brio. L'Institut en forme de T répond très bien à l'envie de symétrie de Michel François. Le mur du fond est percé pour montrer l'axe central. Des deux côtés, les salles se répondent, sans être des copies conformes. L'artiste recycle également ses œuvres et les réinvente. Il joue avec les matières : bois, verre, marbre, or, mais aussi avec nos sens : la vue avec les sculptures et les photos, l'ouïe avec le bruit du vent qui devient parfois assourdissant, ou celui des bouteilles qui se brisent pour un autoportrait de l'artiste étonnant. La dernière salle met le visiteur face à lui-même, dans un jeu de miroir astucieux. Avec cette exposition, l'IAC de Villeurbanne met à l'honneur un artiste méconnu en France. Avec lui, l'art contamine la société : Michel François offre l'une de ses œuvres à afficher, pour faire sortir l'art des musées, ou donner envie aux gens de rentrer.

Coline Charbonnier- Lyon Plus


Article écrit par Coline Charbonnier


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