En direct : FESTIVAL DU FILM FANTASTIQUE DE GERARDMER




Amis de la neige et du sang, Fantastic'Arts revient avec son lot d'horreur et de frisson autour du lac de Gérardmer. Du 27 au 31 janvier, le silence se fait pour un festival entre compétition, hommages et rétrospectives. Au programme, zombies et autres créatures étranges autant qu'effrayantes auxquels Evene n'hésite pas à se confronter.

A

Jeunes talents
20 janvier 2010

Alors ça y est, la sélection est tombée. Nous avons les noms des téméraires compétiteurs. Et deux éléments sautent aux yeux. D'abord, sur les huit films en compétition, la moitié sont des premiers films. Preuve de l'attachement du festival à dénicher les jeunes pousses, couteau entre les dents, prêtes à terrifier les plus aguerris. Pourtant, le second élément frappant de cette sélection est son apparent classicisme. Jeune, certes, mais pas révolutionnaire pour autant. Duel de choc devant partie d'échecs ('5150, rue des Ormes'), retours en arrière sur des erreurs passées ('The Door') ou des théâtres de drames ('Hierro'), maisons inquiétantes ('Les Témoins du mal')... Rien de très original. Enfin a priori, bien sûr. Après tout, les grands films racontent toujours un peu la même histoire. Tout est affaire de regard de cinéaste, d'implication des acteurs, d'impression, d'ambiance... Surtout dans le domaine du cinéma fantastique. Les grandes attentes du festival se concentrent autour de trois films aux velléités plus ambitieuses. D'abord, 'Amer', qui annonce dans la grande tradition du giallo une approche organique, charnelle et vraisemblablement extrême de l'apprentissage du désir, entre schizophrénie et paranoïa. Ensuite, 'Moon', réalisé par Duncan Jones dont on envisage l'univers aussi attirant que celui de son illustre papa David Bowie puisque cette "bizarrerie spatiale" met en scène un astronaute solitaire en proie à des hallucinations. Quelque part entre '2001' et 'Seul au monde'... 'La Horde' enfin, premier film de Yannick Dahan et Benjamin Rocher, et surtout premier film de zombies français, sorte de descente aux enfers hyperviolente dans la plus belle tradition du genre.

 

B

 

Silence, on tourne !
15 janvier 2010

Alors que le vent hivernal souffle dans la ville et que l'on patine déjà sur le lac gelé, Gérardmer, téméraire, s'amuse à faire frissonner de plus belle Gérômois et cinéphiles avec un Festival international du film fantastique mystérieux, placé sous le signe du silence... Créateur de suspense, oppressant ou émouvant, il est le personnage principal de nombreux films fantastiques, d''Alien, le huitième passager' à 'Répulsion' de Polanski. Le réalisateur Robert Bresson disait même : "Le cinéma sonore a inventé le silence." Point de monstres rugissants ou de fantômes hurleurs donc, et c'est dans ce calme assourdissant (avant la tempête, sans aucun doute) que le jury présidé par John McTiernan - créateur de la saga 'Die Hard' et papa du sanguinaire 'Predator' - devra désigner le grand gagnant de la palme de l'angoisse. L'année dernière, c'est le Suédois Tomas Alfredson qui a remporté le Grand Prix avec 'Morse', un conte poétique et intense, histoire d'amitié entre un jeune garçon et une vampiresse de 12 ans, réalisé sans artifices et avec peu d'effets spéciaux. Un lauréat qui présageait avec sa sobriété le thème choisi pour cette 17e édition, une édition d'ailleurs si discrète, qu'à deux semaines du festival, la liste des films sélectionnés n'a pas encore été dévoilée. En attendant le nom des terrifiants élus, on meuble le silence, de pronostics et d'organisations logistiques : accréditations, hôtel, train et moonboots. Une expédition à préparer avec soin, car au bord du lac, personne ne nous entendra crier…


Article écrit par Aurélie Koch-Mathian et Marion Haudebourg pour Evene.fr


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