Marc Jacobs s'assagit, Donna Karan revient au "tout noir"
Par Fashion Mag
Longtemps qualifié d'"enfant terrible" de la mode, le créateur américain Marc Jacobs s'est assagi et a présenté lundi soir à New York une collection automne-hiver 2010 élégante, impeccable et étonnamment portable.
Jupes grises à plis plats portées sous des capes en daim également gris, manteaux en bouclette de mohair, petites vestes en fourrure: une ligne faite pour plaire aux distributeurs et aux clientes "mûres" a été présentée par des mannequins aux cheveux lisses et au maquillage normal, loin des Pierrots lunaires et des héroïnes diaphanes et déjantées que Marc Jacobs aime d'ordinaire mettre en scène.
La foule de fanatiques du créateur quadragénaire était au rendez-vous, et l'ancienne armurerie du quartier de Gramercy (sud-est de Manhattan) avait été transformée en château-fort, où les sacs étaient fouillés à l'entrée et même les bouteilles d'eau étaient interdites.
Après avoir fait attendre trois heures son public il y a deux ans, Marc Jacobs met un point d'honneur à commencer à l'heure, et l'arrivée de la rédactrice en chef du Vogue américain Anna Wintour, quelques minutes avant 20 heures (1H00 GMT mardi), a lancé le signal de départ du défilé, dans une enceinte minimaliste entièrement tapissée de carton et de papier kraft.
Même les chaussures étaient revenues à une norme terrestre, petits talons et socquettes permettant à la femme de se rendre à son travail ou au marché en ayant chaud aux pieds et sans risquer de se rompre le cou. Un détail qui a dû perturber nombre de spectatrices, qui continuent à chausser, pieds nus, d'invraisemblables talons, dans une ville où la neige s'est transformée ces derniers jours en plaques de glace.
Si en bon précurseur, Marc Jacobs semble avoir donné le signal d'un nouveau départ, il a sans doute été accompagné par Donna Karan. La créatrice new-yorkaise, qui célèbre 25 ans de succès, a présenté lundi une collection au noir dominant, faite de robes très "couture", bien coupées, agrémentées de cols ou de jabots, mais simples et destinées aux femmes qui travaillent, un de ses refrains depuis toujours.
Et si elle ne propose pas de tailleurs-pantalon, ses tenues grises, noires ou bleu nuit, portées avec des coiffures nettes, marquées par des bandeaux et sans boucles, permettent aux femmes de la finance de se rendre à Wall Street sans singer les hommes.
Présentes dans la salle, les actrices Demi Moore, Brooke Shields et Susan Sarandon, toutes trois militantes des droits des femmes, ont apprécié le message.
Parmi les jeunes "qui montent", la créatrice Devi Kroell, qui a commencé sa carrière à New York en créant des accessoires de luxe, a présenté une collection sophistiquée et attrayante, avec des sarouels scintillants, des robes bustiers mauves en plumes et des fourrures tricotées vert et mauve.
Cédant à la tendance de la saison, faite de manteaux sans manches, de fourrures courtes et travaillées, sur des robes en lurex ou des pantalons cigarette, elle n'a pas oublié de faire porter aux mannequins des pochettes, des sacs à petites anses ou des besaces de luxe, sa marque de fabrique.
Par Paola MESSANA
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